Vendredi 24 juin 2011 5 24 /06 /Juin /2011 08:42

Pourquoi le conseil unique permettrait-il de résoudre ce que les trois présidents de la même majorité UMP n’ont pas su faire, pourquoi n'ont ils jamais su regrouper les organismes économiques (agence de dévellopement économique, tourisme, enseignement, transports...) ? En tout cas ce n'est pas la fusion qui va pallier la perte de l’autonomie financière.

Bruno FREYERMUTH


 

 

Article du journal l'ALSACE du 24 juin 2011 :

Conseil d’Alsace Haut-Rhin : trois réunions pour dire « de vive voix » non à la fusion

  

 

Pour Charles Buttner, « il faut se méfier des fausses bonnes idées ». Photo C. T.

Pour Charles Buttner, « il faut se méfier des fausses bonnes idées ». Photo C. T.

La fusion des collectivités alsaciennes, un mal nécessaire ? Une version battue en brèche lors des réunions publiques proposées par le conseil général du Haut-Rhin.

Le Haut-Rhin est-il soluble dans le conseil unique d’Alsace ? Après un sondage et une plaquette adressée à 340 000 foyers ( L’Alsace de dimanche), le conseil général du Haut-Rhin cherche encore à prouver le contraire cette semaine à travers une série de réunions publiques lundi à Altkirch, mercredi à Colmar et hier à Sausheim. Objectif affiché de ces rencontres ? Débattre de la réforme des collectivités « de vive voix » avec la population. Mais objectivement, il s’agit surtout de battre en brèche la fusion des trois collectivités alsaciennes voulue par le président du conseil régional Philippe Richert et celui du conseil général du Bas-Rhin Guy Dominique Kennel.
L’argumentaire est rodé. Illustration mercredi, à Colmar, où quelque 200 personnes ont répondu à l’invitation. Parmi elles, beaucoup de fonctionnaires départementaux. Pratiquement la moitié du public, disent les mauvaises langues. D’autres profitent de la soirée pour s’offrir une tribune : les membres du collectif Stop Fessenheim et les défenseurs du bilinguisme sont venus en nombre. Les véritables curieux, eux, sont une minorité. Une vingtaine d’élus du secteur complètent l’auditoire.
Toute la soirée, Charles Buttner joue essentiellement sur deux registres : la « proximité et l’efficacité de service » et « l’identité des territoires » : « Personnellement, je ne me risquerais pas à perdre l’un ou l’autre », estime le président du conseil général du Haut-Rhin, qui défend sa vision d’un « congrès intercollectivités ». « En attendant 2014, on propose d’expérimen- ter une intercollectivité souple, efficace et sans coût », complète Francis Flury, son vice-président.
Imparable, l’argument du coût ? Tout dépend de quel côté on se place. Pour cet homme dans la salle, la fusion permettrait de « supprimer des doublons ». Mais pour Francis Flury, les économies de personnel ne peuvent s’envisager « qu’à moyen terme ». Favorable à la fusion, Brigitte Klinkert, présente sur scène avec quelques élus de la majorité, se dit « persuadée que des mutualisations sont possibles », notamment dans le domaine du tourisme, de l’économie et des bâtiments scolaires.
« Nous ne faisons pas de l’industrie, ni du commerce, mais des services à la population », réplique Charles Buttner, pour qui il faut « se méfier des fausses bonnes idées ». Et d’agiter le spectre d’un Léviathan régional de 8 000 agents : « Face à une telle administration, il faudra créer de nouveaux postes relais. Et les élus n’auront plus beaucoup de latitude pour manager les politiques. »
Dans la salle, un homme fustige cette approche anxiogène, « sur un mode défensif et d’arrière-garde ». « Nous ne sommes pas des petits Gaulois retranchés dans leur village. Nous continuons à discuter », assure Charles Buttner, indiquant que Philippe Richert viendra rencontrer les conseillers généraux le 11 juillet.
Autre partisan de la fusion présent sur scène, le député Eric Straumann plaide pour sa part pour « un référendum assez rapide pour qu’une discussion s’engage à l’Assemblée nationale » : « Nous avons la même majorité dans les trois collectivités et un ministre alsacien qui pilote la réforme. C’est une chance historique mais la fenêtre de tir est réduite. »
Le mot de la fin revient à l’avocat Dominique Grunenwald, présent dans l’assistance : « Je suis étonné par la diversité des propos : tout le monde est pour le Conseil d’Alsace, mais on ne sait toujours pas quoi mettre dedans. Sachons d’abord ce qu’on veut réformer avant de faire un référendum. »

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