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Bruno FREYERMUTH
Le blog d'un obernois qui a décidé de résister
Les bains municipaux ouvrent depuis quelques années sans l’aval de la commission de sécurité, engageant la responsabilité pénale du maire. (Photo archives DNA)
La droite qui salue l’abandon d’un partenariat-public-privé (PPP). La gauche qui déploie des trésors de rhétorique pour faire de cette décision un succès de la concertation : il fallait suivre, ce lundi soir au conseil municipal, pour saisir tout l’intérêt du débat initié par l’interpellation de Fabienne Keller (UMP) sur les bains municipaux.
Pour ceux qui auraient raté un épisode du feuilleton, la municipalité planche de longue date sur un nouveau mode de gestion des bains, qui permette de sauver le bâtiment, ainsi que les missions de service public qu’il remplit, sans coûter trop cher. D’où le possible recours au privé, évoqué à de nombreuses reprises ces derniers mois par le 1 er adjoint Robert Herrmann (PS). Et puis mi-octobre, un soir de primaire socialiste, grande nouvelle, terminé le PPP. Place à une société publique locale (SPL) ou à une société d’économie mixte (SEM). Dixit Roland Ries, qui évoque une « remise à plat du dossier ».
Une décision saluée par Fabienne Keller, qui plaide pour un maintien des trois fonctions du bâtiment : équipement sportif de quartier, accessible aux scolaires et aux plus démunis ayant recours au service des bains. L’élue souhaite en savoir plus sur la forme que prendrait le projet, son calendrier, son coût etc.
La majorité municipale prend note, sans broncher. Puis c’est au tour de Marc Merger (MoDem) de lancer : « Si le PPP est un excellent outil de diversification des financements […] il ne peut être utilisé n’importe comment. Pour les bains municipaux, il est de toute évidence totalement inapproprié. »
A la tribune, quelques-uns qui manquent de s’étouffer — Marc Merger est d’ordinaire le plus ardent défenseur de la formule. Des applaudissements ironiques viennent même saluer l’intervention.
Pas de quoi démonter Anne Schumann (Strasbourg au Centre). La conseillère joue sur du velours et cite Robert Grossmann, qui « visionnaire », s’était opposé « dès le mois de juin » à toute forme de « privatisation » des Bains. Le conseiller s’était alors abstenu, avec six autres, dont quelques Verts, sur le lancement d’une étude d’assistance à maîtrise d’ouvrage rappelle Anne Schumann.
La majorité municipale riposte en raillant la prise de position « opportune » de la droite strasbourgeoise, pour reprendre Syamak Agha Babaï (PS). « Vous vous exprimez ce soir, mais on ne vous a pas entendus sur la question depuis 18 mois que le débat irrigue la Ville », assène Eric Schultz (Verts). Pour Paul Meyer (PS), c’est le « grand bal des postures » des anciens chantres du PPP.
Robert Herrmann précise que l’arbitrage du maire ne lui pose aucun problème. « Il faudrait être bien imbu de soi-même pour se sentir désavoué alors qu’il s’agit du bien public. Au fond, le problème c’est que cette décision intervient sans susciter de crise. C’est ça qui vous gêne », avance l’adjoint.
« Je confirme qu’entre Robert Herrmann et moi il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette, assure le maire. Vous considérez qu’un pouvoir qui recule est un pouvoir qui s’affaiblit. Je considère au contraire que c’est parfois une avancée. Cette méthode, la concertation, est la nôtre et elle est attendue par nos concitoyens. Vous ne l’avez pas compris et ça vous a déjà joué des tours », lance Roland Ries en direction de Fabienne Keller. Ambiance.
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