Mercredi 23 mars 2011 3 23 /03 /Mars /2011 18:31

Le club de natation des Dauphins d'Obernai est un club de premier plan, mais avec la privatisation de la gestion du centre nautique sous forme de délégation de service publique, le club des Dauphins découvre le monde merveilleux des "joyeusetés" de la gestion privée qui impose des tarifs locatifs prohibitifs pour la location des lignes d'eau.

Tout cela était hautement prévisible, mon seul tort était-il d'avoir eu raison trop tôt?

C'est à lire dans l'article  des DNA de la rubrique sport du 23 mars 2011, qui conclut par :

"Créé dans les années 1970, le club d’Obernai n’en a pas fini de grandir, surtout depuis qu’il a une piscine toute neuve, mais aux tarifs locatifs prohibitifs pour les maigres moyens des Dauphins."

L'article des DNA du 23 mars 2011

 

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Tout d’un grand

C’est où Obernai ? Vu d’un championnat de France élite – ici on dit N1 –, cela ne paye pas de mine. Avec ses 12 000 habitants, la ville apparaît bien petite pour faire face aux grosses structures qui trustent ici médailles et titres.

 

Dans leur vieille Tournesol il y a peu encore, les Dauphins de là-bas ont pourtant su préparer une sélection record de six nageurs à ce rendez-vous de Strasbourg. Un ratio plus que rare.

« C’est exceptionnel », clame Gilbert Dietrich, le président. Dans le lot, peu ont l’âge du vote, la benjamine pointe encore au collège, minimes et cadets y sont nombreux.

Il n’y a pas de quoi faire peur aux grosses structures, mais pareille délégation sortie de nulle part, hors pôle, se voit au compte-gouttes. « Au maximum, on en avait eu quatre jusque-là », note l’entraîneur, Philippe Schweitzer.

« C’est beau, c’est le fruit de tout un travail

« Pour la plupart des nageurs, aller à ces championnats, c’est déjà un rêve. En foot, quand on est en N1 (là on dit L1) on est professionnel. C’est beau, c’est le fruit de tout un travail. »

Il n’est pas né d’hier, disons une bonne dizaine d’années, quand Obernai a offert ses chronomètres à l’entraîneur actuel.

Cela n’avait rien d’évident, l’homme a tous ses diplômes, il est professeur de sport mais il n’est pas issu du monde de la natation, il n’a pas en lui le ressenti du nageur.

« Ces résultats tiennent un peu à lui, certifie son président. Il a de l’exigence pour ses nageurs. Ils doivent être un peu masos (sourire ), mais Philippe sait leur parler. Certains ne tiennent pas. Chez nous au club, c’est d’abord la compétition et les résultats. Chacun a son niveau, mais si déjà on vient nager dans un meeting ce n’est pas pour participer, mais gagner. »

Dans les vertes catégories, à Obernai on réussit de belles choses depuis longtemps et on concrétise plus haut.

« On a emmené Cathy (Dietrich) à être vice-championne d’Europe (eau libre), Yannick (Bignon) et Marjorie (Distel) à être multichampions de France », clame le coach, agacé qu’on lui serine que son bassin grouille de petits jeunes à l’avenir pas toujours tracé.

« On reste une ville moyenne, sans université, rappelle le président. Les bons étudiants ne viennent pas chez nous mais préfèrent Strasbourg. On n’y peut rien. »

Il n’empêche : Yannick Bignon avait su, en son temps, poursuivre cursus en fac et carrière nautique.

« Chez nous, on assure un bon suivi jusqu’au lycée, note l’entraîneur, par ailleurs prof en collège. Cela plaît aux parents et cela m’oblige à optimiser le temps. Je sais qu’il est compté avec mes jeunes, qu’ils ont encore des devoirs après les entraînements. » A Obernai, on va à l’essentiel.

Surtout, on sait ce qui est important à travailler. Et là, c’est le prof qui parle : « On détecte les points forts et neutralise les faibles. J’aime apprendre à mes nageurs à tout faire, alors automatiquement ils savent nager. » Tout nager surtout.

« Chez nous, même s’il ne fait pas de compétition, un jeune sait réaliser des mouvements de gymnastique, être habile dès qu’il touche une balle. » On y forme l’athlète avant le nageur.

Voilà pourquoi, à Obernai plus que dans bien des ailleurs, les Dauphins affichent un véritable savoir-faire dans le 4-nages (Yannick Bignon y fut deux fois champion de France).

Ces Bas-Rhinois-là sont capables de tout et quand une nage coince, une autre surgit au point et au poil. La palette est large, elle offre un éventail de performances étonnantes à ces jeunes formés à belle école.

« Nous avons 360 enfants en école de natation… »

D’Obernai, le premier à se qualifier pour de tels championnats de France reste Michaël Sagez, en 1993, quatre titres ont suivi (à partager entre Marjorie Distel et Yannick Bignon).

« On a les outils pour l’amener plus haut encore »

La grande fierté du coach en chef est d’avoir appris à nager à la plupart de ses « champions ».

Ici à Strasbourg, seules Mathilde Hoffmann (ex-Hochfelden) et Adeline Furst (ex-Erstein) ont connu leurs premiers coups de brasse ailleurs.

« Adeline a été formée par Thierry Goetz et c’est chez moi que lui-même a appris… »

« Les jeunes viennent à Obernai parce qu’ils savent qu’il y a une émulation, ajoute Gilbert Dietrich. La natation est un sport individuel, mais on y progresse ensemble en se tirant la bourre. »

« Si le nageur accepte de mettre ses études entre parenthèses, après le bac (!), on a les outils pour l’emmener plus haut encore. »

Créé dans les années 1970, le club d’Obernai n’en a pas fini de grandir, surtout depuis qu’il a une piscine toute neuve, mais aux tarifs locatifs prohibitifs pour les maigres moyens des Dauphins.

Serge Bastide

 

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