Partager l'article ! A propos du vote de droite & d'extrême droite en Alsace par Raphaël Heyer: Je vous invite à lire l'excellente analyse de Raphaël Heyer*, ...
Bruno FREYERMUTH
Le blog d'un obernois qui a décidé de résister
Je vous invite à lire l'excellente analyse de Raphaël Heyer*, au sujet du vote de l'extrême droite en Alsace.
J'en partage la justesse et la pertinence, notamment par rapport aux analogies Suisses et Autrichiennes.
Bonne lecture,
Bruno Freyermuth
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En fait on s'aperçoit que non seulement le vote à droite et à l'extrême droite de l'Alsace mais le comportement électoral général est sensiblement identique à ceux de la Suisse alémanique et de l'Autriche. FN, UDC, FPÖ ont des niveaux équivalents, notamment dans les campagnes, les grandes villes votent à gauche sauf exceptions, et la droite démocrate-chrétienne d'inspiration humaniste est globalement fortement enracinée dans la tradition électorale.
Tout cet arc au Sud de l'Allemagne semble donc avoir une culture électorale relativement homogène.
En cause, les guerres et leurs suites, notamment la dernière.
Alors qu'en Allemagne, à la fin de la guerre, on procédait à une vaste et profonde campagne de "dénazification", Alsace et Autriche, considérées comme victimes d'annexion, n'y ont pas été soumises.
Qu'on se souvienne de l'incapacité assumée de Tomi Ungerer d'oublier les chants d'écoliers appris à l'école du Reich, pour traduire le fait que la structure de pensée inoculée par le nazisme s'est maintenue en Alsace et en Autriche bien plus qu'ailleurs. Pour la Suisse alémanique, si elle n'était pas annexée, elle a tout de même largement été mise à contribution dans le financement et la production industrielle du Reich. Les thèmes socio-économiques nazis ont rencontré un vrai écho en Suisse alémanique, et là aussi, la dénazification n'a pas été systématique.
Du coup, aussi bien en Alsace, en Suisse alémanique qu'en Autriche, la rhétorique et les thématiques des FN, UDC, FPÖ sont familières et presque traditionnelles pour un bon quart de l'électorat, majoritairement rural. C'est l'éternel "Hitler n'a pas fait que des mauvaises choses... Les routes, le plein emploi, la discipline... Il y a une espèce de nostalgie structurelle d'un ordre d'Etat qui garantisse une sécurité totale face à un monde extérieur, étranger, perçu comme une menace permanente.
Et n'oublions pas en Alsace la grande époque des autonomistes, majoritairement pro-nazis, qui, si ces derniers n'ont plus la même puissance politique qu'avant-guerre (le marginal Alsace d'Abord), a tout de même un nombre de nostalgiques significatif et participe de cette espèce d'extrême-droite "notables" propre à l'Alsace.
Raphaël Heyer
*Raphaël Heyer est natif du Piémont, il habite actuellement en Suisse Romande, il est Poète, Conseiller en rédaction indépendant & Collaborateur littéraire (voir sur son blog) : http://www.raphael-heyer.eu/
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